La nuit du 31 juillet au 1er août, nous fêterons Lughnasadh, prononcé lou-na-sa. On nomme également cette fête « Lammas ». Cette nouvelle période marque le début de la moisson. Elle symbolise l’abondance, la gratitude et l’entrée dans l’élément air. Nous entamons ici, tout doucement, le dernier quart de la saison lumineuse dans le calendrier druidique. Passons ensemble le pas de cette porte et découvrons le doux chant de Lughnasadh, la dernière étape avant la saison sombre.

Les réjouissances et le bilan des premières récoltes

Dans la culture celtique, nous comptons trois fêtes de la moisson :

  • Lughnasadh est la première ;
  • Mabon (le 21 septembre) est la seconde ;
  • Samhain (31 octobre) termine le cycle.

Ce sont trois périodes de récoltes, mais à des niveaux un peu différents.

Lughnasadh est certainement la moins suivie et et la moins connue de la roue de l’année druidique. Pourtant, elle endosse une grande importance pour chacun d’entre nous.

Non seulement  elle marque le début de la moisson pour les agriculteurs qui fauchent le blé dans leurs champs, mais c’est aussi le temps pour nous de récolter les premiers fruits de nos projets plantés en début de cycle.
Et nous pouvons ainsi voir ce qui a fructifié et ce qui a plus de mal à sortir de terre. 

Lughnasadh va de concert avec Litha, qui donnait déjà un aperçu des petits « embarras » que rencontraient certaines graines (ou projets) déposées en terre.

On pouvait déjà distinguer les plantes qui poussaient avec entrain et de celles qui avaient plus de difficultés à s’élever.
Ici, nous en avons la confirmation avec la fructification ou la non-fructification des premiers résultats.

C’est un temps du premier bilan :

  • Les récoltes sont-elles abondantes ?
  • Suis-je satisfait des fruits obtenus ?
  • Qu’est-ce qui ne prend pas du tout ?
  • Dois-je ajuster l’orientation, penser différemment ?
  • Ou encore patienter ?

Il y a tant de questions que l’on peut se poser lorsque nos projets prennent vie difficilement ou même, d’ailleurs, s’ils sont abondants.

L’élément air, pour soutenir notre mental et mettre en mouvement nos pensées créatives

En franchissant cette quatrième porte du calendrier druidique, nous quittons également l’élément eau pour nous engouffrer dans une tout autre ambiance !

Lughnasadh est ce passage tout en délicatesse qui, grâce à l’élément air, vient souffler sur les illusions de notre esprit, pour laisser place à une vision plus claire des situations.

C’est comme un premier sas à franchir, avant d’arriver à Mabon (21 septembre) où cette fois, nous arriverons au point culminant de l’élément air.

Il nous faudra alors nous rendre à l’évidence : certaines situations doivent s’endormir et retourner à la terre.

Dans notre corps, l’air permet à l’oxygène, au sang et au système nerveux de circuler librement. 
Il est le mouvement, c’est grâce à lui que nous sommes en capacité d’avancer, que nos articulations, nos muscles et nos tendons sont efficaces. 

C’est un élément rapide, subtil et créatif qui permet de stimuler notre imaginaire.

En déséquilibre, il peut nous fatiguer, nous faire ruminer et bousculer nos pensées de telle sorte que nous pourrions partir dans tous les sens.

En numérologie, les nombres qui appartiennent à l’air sont le 5, le 7 et le 8 (qui reçoit aussi les vibrations de l’élément terre).

Les personnes ayant un chemin de vie ou une écorce en nombre d’air sont en général des personnes très « cérébrales », intelligentes, qui réfléchissent beaucoup et chez qui le mental est très présent.

Quels rituels pour fêter Lughnasadh ?

Il y a plusieurs façons d’honorer cette fête de la moisson qui est aussi symbole d’entraide et de paix.  

Pour cette occasion, je vous propose deux activités que vous pouvez pratiquer avec des enfants : cuisiner un pain avec vos premiers fruits récoltés et fabriquer une petite poupée de maïs.

Cuisiner un pain aux fruits

Lughnasadh étant liée aux premières récoltes, je vous propose, pour l’occasion, de vous mettre aux fourneaux en cuisinant un pain aux fruits très simple.

Bien que le blé soit à l’honneur, vous pouvez faire une petite entorse en remplaçant la farine de blé par de la farine de riz pour obtenir un pain sans gluten.

Ingrédients:

200 g de farine (100 g de farine de blé et 100 g de farine de châtaigne)
50 g de noisettes mixées grossièrement
50 g de poudre d’amandes
20 g de graines de tournesol
50 g d’abricots secs coupés en petits morceaux
100 g de mûres fraîches (ou de pomme coupée en petits morceaux)
50 g de canneberges (facultatif)
Le zeste et le jus d’une orange
2 cuillères à café de poudre à lever (possibilité d’utiliser une poudre sans gluten)
3 œufs
50 g de miel de thym (ou de châtaigne-attention le goût est plus prononcé)
2 cuillères à soupe bien pleines de purée d’amande (ou de noisette)

Préparation :

  • Préchauffez le four à 180°C ;
  • Dans un saladier, déposez tous les ingrédients secs : les noisettes mixées, la poudre d’amandes, les farines, la poudre à lever, les graines de tournesol. Mélangez bien ;
  • Ajoutez les abricots et le zeste d’orange ;
  • Mélangez à nouveau tous les ingrédients, puis faites un puits au centre ;
  • Dans un autre bol, fouettez les ingrédients liquides : les œufs, le miel, la purée d’amande et le jus d’orange ;
  • Versez ensuite cette nouvelle préparation au centre du puits dans le grand saladier, puis mélangez avec une cuillère en bois.
  • Déposez enfin la pâte ainsi obtenue, qui doit être un peu collante, dans un moule à cake tapissé de papier sulfurisé ;
  • Ajoutez vos fruits en les poussant légèrement vers l’intérieur de la pâte ;
  • Enfournez pendant 40 minutes (selon votre four) à 180° C ;
  • Vérifiez la cuisson avec la pointe d’un couteau qui doit ressortir sèche ;
  • Sortez le pain du four et laissez-le tiédir avant de le démouler.

Confectionner une poupée de maïs 

À Lughnasadh, il est de coutume de fabriquer une poupée à partir de cosses de maïs.
C’est une pratique ancestrale qui se retrouve dans beaucoup de traditions.

Le but de cette poupée est, d’une part, d’apporter protection et santé à sa maisonnée jusqu’au printemps prochain, là où on plante de nouvelles graines et projets.
Elle nous permet d’autre part de poser nos intentions pour de futurs projets.

Vous pouvez ensuite garder votre amulette en décoration sur un meuble, ou l’accrocher au mur.

Téléchargez les instructions pour fabriquer votre poupée de maïs.

Lughnasadh est non seulement une fête de récolte, mais elle permet aussi de réparer des liens abîmés. Dialoguer, pardonner et ouvrir son cœur, oralement ou par écrit, le plus important est de dire les choses avec authenticité et bienveillance pour avancer. C’est le moment idéal pour observer où nous en sommes avec certaines de nos relations, mais aussi avec nos projets. Afin qu’à Mabon (21 septembre), nous puissions laisser à la terre ce qui n’aura pas pris, pardonner et avancer sur son chemin de vie avec plus de sagesse et d’acceptation.